| | Work #1 (Text
)
GUARDARE MA NON TOCARE
«
Regardez, mais ne touchez pas... » Les
vies d'Olivia Olivia traverse des sentiers, parcourt
des images et fixe des vibrations. Elle choisit un sujet. Les femmes. Elle observe
leurs vies, partage leurs états d'âme, s'imprègne de l'atmosphère
qui les entoure. Elle devient leur alter ego, sorte de " chroniqueuse de
leur quotidien ". Existences malheureuses des prostituées et des stripteaseuses,
existences impitoyables ou banales, silences, imperfections des corps, moments
d'abandon ou petits gestes anodins, son il suspend des instants de vie,
fixant ces points particuliers qui arrêtent son esprit. L'objectif de son
appareil fait partager au monde la réalité des choses. Puis, sans
fausse pitié ou morale, il nous montre simplement ce qu'il voit de l'intimité
d'une chambre, d'une vie, d'un moment. Il regarde la misère et l'anonymat
d'existences difficiles raconter. Il sent les odeurs, hume les respirations, perçoit
les mouvements des corps. Olivia n'orchestre pas la scène, elle
l'observe. Elle immortalise ce qui la touche quand son point de vue - à
elle, l'unique spectateur de l'appareil photographique - est en harmonie avec
son il. Des instants, des sons, des lumières, des couleurs. Tout
ce qu'elle nous restitue ensuite dans une synthèse d'images qui recréent
merveilleusement, en une seule scène, le mouvement d'un récit. Un
avant et un après, sans doute toujours identiques, rythme monotone mais
dramatiquement existant. Chaque photographie d'Olivia est un petit film
d'histoires jamais racontées, de pensées jamais dites, de secrets,
de gestes plus ou moins conscients. Ainsi ces femmes, cachées ou dévoilées,
conscientes ou non de la présence de l'appareil photographique ont des
regards intenses, des vies denses et des gestes pleins paroles à murmurer.
Olivia nous fait participer à tout cela. Elle entre dans leurs vies,
les partage avec nous, mais pour finir, à voix basse, et avec une sorte
de pudeur imprévue, nous dit : s'il vous plaît regardez, mais ne
touchez pas...
Ilaria Marotta Moving
Gallery. Exposition de photographies
d'Olivia Gay présentée à Rome en janvier 2005.
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 | | Les
Ouvrières (2007-2008) | |  | | Les
Religieuses (2007)
LES OUVRIÈRES
(2007-2008) | |  |
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LES MODÈLES
MODÈLES VIVANTS Ma première photographie de modèle fut
celle de Marie, jeune femme que je photographiai il y a quelques années à son
arrivée à Paris alors qu'elle quittait son paisible village du sud de la France
pour " vivre une vie vraie ". Ce n'est que beaucoup plus tard que je décidai de
commencer un travail photographique sur les Modèles Vivants, lorsque je m'inscrivai
au cours du soir de dessin de la ville de Paris, et découvrai alors chaque semaine
un nouveau personnage posant nu dans un décor au charme désuet qui se résumait
à un drap, une chaise ou encore un tabouret, le tout à quelques centimètres d'un
petit chauffage. Ce défilé de corps anonymes me donna rapidement l'envie de les
photographier. Ces photographies montrent des corps nus, exposés dans la seule
intention de faire oeuvre d'art. Le corps exposé devient sacré. Il n'y a pas de
relation entre le modèle et moi-même, je suis là au même titre que les autres
artistes et m'engage à faire une oeuvre le temps d'une séance de pose, à la seule
difference que la photographie retenue montrera le modèle ainsi que le ou les
artistes présents dans la salle, | |
tel
un jeu de miroir où le spectateur est inclu et exclu de l'oeuvre (cette idée née
des peintures de Velasquez, "Les Mélanines" qui rend tout le monde acteur dans
l'image et aussitôt exclu), je cherche le regard du modèle, l'absence ou la présence
de son identité le temps de sa pose, et la distance entre ce corps exposé et l'artiste.
Dans ces images des Modèles Vivants, le décor reste un élément important. Je le
photographie tel qu'il est, sans artifice, en lumière naturelle, cherchant ainsi
à montrer le naturel de " ces mondes clos, bourgeois presque (…) Le cadre, la
lumière, les petits chauffages l'hiver, les petits rideaux l'été...* ".Dans un
contexte traditionnel qui évoque la nostalgie des œuvres et des peintres d'autrefois,
je savoure avec elles, le temps d'une pose, ces instants de paix et de silence.
" Poser est une générosité, c'est s'offrir. Dans la nudité on est soi-même : il
n'y a pas beaucoup d'occasions comme celle-là dans notre société ". La pose "
comme un don "*. *Aïcha L. Messina, Poser me va si bien (éditions POL, 2005.)
| Les
Serveuses (2002-2004) | |  | | Les
Caissières (2006)
SUPERMARKET
For several years I've been wathching these women (only
about 10 percent of cashers are men, mostly students on tempory contract), working
in those special "cashier spaces" in the supermarkets. I notice the
signs of feminine charm hidden under the ungainly uniform imposed by their employer
and lasr but not least, the codified behavior "SGGT+" (Smile, Greetings,
Good-bye, Thanks and the bonus, good week-end, Happy Easter, ...). The cashier
simples to welcome the customer, then she concentrates on the merchandise coming
up on the belt, then asks if he has the stores card to pay the bill. Once again,
she looks at her till to total up, the critical moment. If there is an error,
a difference between what is due and what is paid it could cost her job. Roughly
8 hours per day, full time or less they have three minutes per hour for a rest
stop, but the timing is decided by the boss. The cashier then has a few minutes
at the cafeteria, or to smoke, or speak with her colleagues champ a sandwich may
be exchange a few words about the kids or christmass coming up. Day to day, the
job is the same Uniform badge timeclock, SGGT always the same hair do, clean,
and the service, nothing can change. | | LES
CAISSIÈRES Depuis plusieurs années jobserve
ces femmes (seulement 10% dhommes, la plupart étudiants de passage)
travaillant derrière ces « espaces caisses » dans les hypermarchés.
Je remarque leur coquetterie dissimulée sous luniforme peu flatteur
imposé par leur société, et enfin ces sourires et ces mots
de politesse, classés sous le nom de code de « SBAM + », (sourire,
bonjour, au revoir, merci, et le petit + pour le bon week-end ou joyeux pâques..).
La caissière sourit pour accueillir son client. Elle se concentre ensuite
sur les éléments qu apporte vers elle son tapis roulant, puis
revient vers son client pour lui annoncer le montant de ses achats et lui demander
sil possède la carte du magasin. Elle se concentre de nouveau sur
sa caisse pour compter. Là le moment le plus important, faire attention
à ne pas commettre derreur, de « trou » ou d'écart
de caisse qui lui vaudrait sa place. Huit heures par journée de travail
en moyenne temps partiel ou complet, et trois minutes de pause par heure de travail,
chaque pause étant décidée par le ou la Chef des caisses.
La caissière se détend alors quelques instants à la cafétéria
ou en salle fumeur, retrouve quelques collègues, avale un sandwich et discute
des enfants, de Noël qui approche... Le quotidien dune hôtesse
ne varie guère. Luniforme, le badge, le pointage, le Sbam +,la mise
en plis, être impeccable et toujours disponible, les incontournables de
ce quotidien. | |  |
 | | Les
Modèles (2004 / 2006) | sdqsdq |  | |
Les Prostituées (1998-2002)
VILA MIMOSA, RIO
In 1996, the government demolished the oldest area
of prostitution of Rio de Janeiro, VILA MIMOSA I. The place is now a very modern
shopping center. VILA MIMOSA II was built in the center of Rio de Janeiro.
1500 women work there as prostitutes. For a few of them, it also became a home.
Tassia, 28, has a tiny room upstairs from the bar she works at. For each client
she must give 5% to the owner of the bar, in exchange for protection.
She visits her family and 2 children every week. Tassia, Daniela, Helena, have
organized their lives around the small streets and bars of Vila Mimosa...
MERETRIZ,
BUENOS AIRES "Mi vida nunca fue color de
rosa". "My mom became an alcooholic when I was 17. I had to be home
to take care of her. I got into prostitution a year later. I made a lot of money,
I was free. My six children live in Uruguay, where I come from. They know I am
here as a "meretriz" (prostitute), I don't want to hide anything to
them. My only wish would be to earn enough money in order to buy a house and live
with my children and Ramon, my man. I wish I had a normal life, like anybody else.
Not a big life, just a life." Gabriela, Buenos Aires, Argentina, March
2000.
JINETERAS, HAVANA Story
of a two-month stay with the Jineteras in Havana: Fara, Eslinda, Yuleisy or Marbelys,
the young horsewomen, dream of a charming prince from another land
that will take them very far away... For a long time I dreamed of travelling to
Cuba. I imagined a country living from its struggles, from the rift with the external
world. The images I had of Cuba were those of a decrepit architecture, strong
lights and oppressive heat. A short trip gave me the urge of coming back as soon
as possible... Once my pictures had been processed one of them stroke me. It was
a young girl, about 15 years old, with a frontal and powerful look. It was the
look of that girl and a scholarship in 1997 that drove me back to Cuba, first
after her steps, then in search of the Jineteras. | | VILA
MIMOSA, RIO En 1996 le plus vieux centre de prostitution de Rio de
Janeiro, Vila Mimosa I, a été détruit au profit de la construction
d'un centre commercial ultramoderne. Vila Mimosa II a été reconstitué
en plein centre de Rio de Janeiro. 1500 femmes prostituées y travaillent,
certaines d'entre elles y vivent. Tassia, 28 ans, dort dans une minuscule chambre
située au-dessus du bar dans lequel elle se prostitue. Chaque semaine,
elle rend visite à sa famille, à ses deux fils, en banlieue de Rio.
Tassia, Daniela, Helena et d'autres, ont organisé leur quotidien autour
des ruelles et bars de Vila Mimosa...
MERETRIZ,
BUENOS AIRES "Mi vida nunca fue color de rosa" "Ma
vie n'a jamais été rose.." "Ma mère est devenue
alcoolique lorsque j'avais 17 ans. Je devais la déshabiller, la coucher,
être là pour la ramasser. J'ai commencé à me prostituer
un an plus tard. Je gagnais bien ma vie, j'étais libre. Mes six enfants
vivent en Uruguay. Ils savent que je suis "meretriz" (prostituée),
je ne veux rien leur cacher. Mon voeu le plus cher est de gagner suffisamment
d'argent pour nous acheter une maison, et nous retrouver tous ensemble, mes enfants
et Ramon, mon homme. Je voudrais une vie normale, comme celle de n'importe quelle
autre femme. Pas une grande vie, juste une vie." Gabriela, Buenos Aires,
Argentina, Mars 2000.
JINETERAS, LA HAVANE
J'ai longtemps rêvé de Cuba. J'avais en tête les images d'une
architecture décatie, d'un peuple souffrant mais accueillant, d'une lumière
forte. Un premier voyage me donne l'envie de revenir très rapidement. Au
retour de ce premier voyage à la Havane, une image me frappe plus particulièremement,
celle d'une jeune fille au regard frontal et dur. Je décide de retourner
à La Havane, à la recherche de cette jeune fille, et à la
découverte du monde des Jineteras. Pendant plusieurs semaines, je partageai
le quotidien de Farah, Eslinda, Uexsaina, jeunes femmes "Jineteras"
rêvant au prince charmant qui les emmènera loin de chez elles, en
Amérique, en Italie, en Allemagne ou en France. Loin de cette necesidad
à laquelle elles font toutes allusion et qui semble être devenue
l'explication de tous les problèmes... | |  |
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